Les conditions de travail dans la fonction publique en 2024

Études et Statistiques

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D’après l’enquête Conditions de travail de 2024, les agents de la fonction publique ont une perception plus dégradée de leurs conditions de travail que les salariés du secteur privé, en matière de pression temporelle, d’exigences émotionnelles, de relations de travail et de reconnaissance. Au sein de la fonction publique, huit agents sur dix sont en contact direct avec le public – usagers, patients ou encore élèves –, ce qui les expose à des situations émotionnellement exigeantes. Ainsi, 69 % des agents publics sont en contact avec des personnes en détresse, près de deux fois plus que dans le secteur privé. Les relations avec la hiérarchie et les collègues sont également perçues comme plus tendues que dans le secteur privé. Les agents de la fonction publique déclarent par ailleurs un manque plus important de reconnaissance professionnelle : 41 % estiment être mal payés au regard du travail réalisé, contre 31 % des salariés du privé.
À l’inverse, certains indicateurs témoignent de conditions de travail plus favorables dans la fonction publique : 86 % des agents ont le sentiment d’être utiles, 84 % déclarent pouvoir organiser leur travail de la manière qui leur convient le mieux et choisir la façon d’atteindre leurs objectifs. Ils sont également moins soumis à des contraintes physiques que les salariés du privé (36 % contre 40 %).
Entre 2016 et 2024, les conditions de travail des agents évoluent de façon contrastée dans la fonction publique. La pression temporelle augmente, notamment dans la fonction publique de l’État (FPE) et dans la fonction publique territoriale (FPT). Les exigences émotionnelles progressent également, notamment le fait de devoir cacher ses émotions (+ 5 points). À l’inverse, les tensions avec la hiérarchie et les collègues diminuent (- 3 et - 2 points), tandis que le sentiment d’utilité et la fierté du travail bien fait s’améliorent (+ 3 et + 8 points). La fonction publique hospitalière (FPH) se distingue par des évolutions plus favorables sur certains indicateurs, mais reste le versant le plus exposé aux conditions de travail difficiles. Ainsi, le fait d'être en contact avec des personnes en situation de détresse est l’un des indicateurs qui s’améliore (- 6 points par rapport à 2016), mais demeure à un niveau bien supérieur à celui observé dans les autres versants : 82 %, contre 74 % dans la FPE et 54 % dans la FPT.

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