« Faire bouger les lignes » : un jeune agent s’engage pour la fonction publique de demain

Actualité | Publiée le 02 novembre 2026 | Mise à jour le 02 novembre 2026

Pierre Landais est ingénieur de l’industrie et des mines. Après son concours en 2024, il a rejoint la direction générale du Trésor. Adjoint au chef de bureau Transformation & Transversalité au sein du secrétariat général, il est notamment responsable de divers sujets liés à la transformation numérique et à l’intelligence artificielle. Autre projet qui l’a mobilisé ces derniers mois : l’avenir de la fonction publique. Il a en effet participé, comme une vingtaine d’autres jeunes agents publics, aux travaux prospectifs de la revue stratégique de la fonction publique 2035 > 2050, lancée il y a un an par la DGAFP et dont les conclusions viennent d’être publiées.

« Une mission qui me tenait à cœur »

Lorsque l’association FP21, dont il est membre, lui a proposé de faire partie du collège des jeunes agents publics, Pierre a dit « oui » sans hésiter. À 25 ans, il y voyait d’abord l’occasion de comprendre comment fonctionne la fonction publique, et peut-être d’y peser un peu.

« C’était une belle opportunité, une mission qui me tenait à cœur. J’aime être acteur du monde dans lequel j’évolue, […] d’abord comprendre vraiment comment fonctionne la fonction publique, et dans un second temps potentiellement influer un peu sur la suite des choses, faire bouger les lignes. On n’a pas tous les jours l’opportunité de prendre un temps dédié pour réfléchir à l’avenir, à notre place en tant qu’agent public dans notre système. »

Outils numériques, progression de carrière, réforme des concours 

Qu’attendait-il concrètement de ces travaux ? A-t-il envie que des choses changent ?

« Il y a des sujets sur lesquels je me sens plus concerné aujourd’hui. Trois en particulier : le premier, qui est directement en lien avec mon travail, c’est la question de la modernisation des environnements numériques et des outils, sur lesquels il y a de vrais enjeux. Le deuxième sujet, c’est celui de pouvoir dérouler une carrière en dehors des postes parisiens, sans être freiné dans ma progression. Et le troisième point, c’est la modernisation des concours afin qu’ils soient plus connectés aux réalités du métier. »

Attirer les talents : « sur le sens, on est très forts »

Ces attentes croisent un autre enjeu, celui des compétences au sein de l’État.

« Aujourd’hui, je pense qu’on a un vrai enjeu de réinternalisation des compétences au sein de l’État, notamment dans le cadre d’une maîtrise de notre dette publique. Et pour ça, on doit avoir des talents. On a besoin, pour les attirer, d’avoir des leviers d’attractivité. On sait que financièrement, on n’est pas toujours les meilleurs. Sur la question du sens, je pense qu’on est très bons, on est même très forts. »

Aborder tous les sujets

Au fil des ateliers, les jeunes agents ont travaillé sur des sujets très divers, de l’impact de l’intelligence artificielle au management, et sur les modèles de fonction publique à horizon 2050. Il retient notamment la session consacrée aux modèles d’emploi public.

« Il s’agissait de creuser trois modèles. Le premier, un alignement avec le droit du travail. Le deuxième, un renforcement du statut en unifiant notamment les trois versants. Et le troisième conservant le système actuel que nous avons aujourd’hui en organisant la dualité entre statut et contrat. »

Le management a aussi été passé en revue, sous plusieurs aspects : l’accès à la fonction de manager, l’accompagnement et la relation que l’agent entretient avec le sien.

« Nous avons parlé management sous deux prismes. Le premier : comment devient-on manager ? Comment est-on accompagné, formé ? Une vraie question à se poser aussi sur le fait d’être manager : est-ce une évolution de carrière ou pas ? Et le deuxième sujet portait sur la relation agent-manager. De quoi ai-je besoin en tant qu’agent : de plus de bienveillance, d’une vision partagée, d’une communication fluide ? »

2050 : une fonction publique « proactive », toujours attachée au bien commun

Pierre aura 49 ans en 2050. Lorsqu’on lui demande comment il imagine la fonction publique dans 25 ans, ses attentes tiennent en trois points : 

  • une fonction publique vraiment en phase avec les défis et les enjeux contemporains ;
  • proactive sur certains sujets ;
  • dynamique, mais pas nécessairement jeune.

« Je pense que notre sens du bien commun sera toujours intrinsèque à la fonction publique en 2050. Il est quand même assez rare et précieux, d’autant plus aujourd’hui dans la société de plus en plus individualiste dans laquelle nous vivons. Et c’est beau de voir des agents faire corps ensemble pour faire avancer les choses dans le bon sens. »

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