Quel modèle de fonction publique voulons-nous à l’horizon 2050 ?

Autres pages | Publié le 19 octobre 2026 | Mis à jour le 19 octobre 2026

80 ans après la loi du 19 octobre 1946 sur le statut général des fonctionnaires, la DGAFP publie une revue stratégique projetant la fonction publique à l'horizon 2035-2050. Elle dresse un état des lieux des agents publics et des défis à venir, identifie 4 chantiers incontournables d'ici 2035 et décrypte 3 modèles d’évolution présents dans le débat public.

La direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) avait annoncé, il y a un an, le lancement d’une revue stratégique de la fonction publique avec pour objectif une restitution des travaux pour les 80 ans du statut général des fonctionnaires de 1946.

Considérant qu’il revient à l’administration de s’inscrire dans le temps long, comme le Conseil d’État l’y a invitée dans son étude annuelle de 2025, et fidèle à l’article 15 de l’ordonnance du 9 octobre 1945 qui la chargeait de « préparer les éléments d’une politique d’ensemble de la fonction publique », la DGAFP entend par cette revue établir un diagnostic objectivé et partagé, identifier les grands enjeux qui en résultent et éclairer les arbitrages politiques qu’implique toute évolution de l’emploi public. Cette revue vise ainsi à éclairer le modèle de fonction publique dont la France aura besoin à l’horizon 2050 pour continuer à répondre efficacement aux attentes des Français.

Cet exercice prend pour point de départ les besoins de service public auxquels les administrations devront répondre à l’horizon 2035-2050, en cohérence avec les travaux de prospective « France 2035, France 2050 » du Haut-commissariat à la stratégie et au plan (HCSP). Cette perspective de dix puis de vingt-cinq ans correspond aux temporalités en matière de gestion des ressources humaines : un agent recruté aujourd’hui pourra encore exercer en 2050 et la transformation des compétences, des voies d’accès et des organisations produira nécessairement ses effets sur plusieurs années, voire décennies.

Une démarche s’appuyant sur le dialogue, l’ouverture et la donnée

Dans une approche fondée sur le dialogue et l’ouverture, les travaux ont été conduits par la DGAFP en concertation avec de nombreuses parties prenantes : employeurs publics, organisations syndicales, agents publics, experts, universitaires... Ainsi, neuf ateliers territoriaux, dont trois en Outre-mer, ont réuni près de 300 participants issus des trois versants de la fonction publique (État, territoriale et hospitalière). Les organisations syndicales, les employeurs publics des trois versants et les agents publics récemment arrivés dans la fonction publique ou en formation, ont été associés tout au long de la démarche au cours de huit temps de concertation. Enfin, les travaux ont été enrichis par 60 entretiens et contributions, du parangonnage européen et international mené avec l’appui du réseau européen des administrations publiques (EUPAN) et les postes diplomatiques, ainsi que par la mobilisation du comité d’orientation des ressources humaines (CORH) et d’une douzaine d’écoles de service public.

Un état des lieux de la fonction publique d’aujourd’hui et des défis qui l’attendent

En s’appuyant sur des données et des rapports de référence, la revue stratégique établit d’abord un état des lieux de la fonction publique d’aujourd’hui et de la nature des défis qui l’attendent.

Si les Françaises et les Français ont très majoritairement une bonne image de la fonction publique, les métiers qu’ils exercent leur sont malgré tout souvent mal connus. La revue de la fonction publique répond à trois questions sur les agents publics : qui sont les agents publics ? Que font-ils ? Et où sont-ils ? Ces éléments permettent d’établir le portrait de celles et ceux qui font vivre le service public.

Le vieillissement de la population, le réchauffement climatique, la diffusion rapide du numérique et de l’intelligence artificielle, les tensions de recrutement, le renforcement des inégalités territoriales et la contrainte budgétaire modifient tout à la fois les besoins de service public, les métiers exercés et les conditions d’emploi des agents publics. La revue stratégique propose une analyse des impacts de ces grandes évolutions sur la fonction publique dans un contexte où les nouveaux besoins devront se conjuguer avec une contrainte budgétaire durable.

3 défis à relever 

Réussir un renouvellement démographique sans précédent 

S’adapter aux grandes transitions du siècle pour garantir la résilience des services publics 

Concilier l’exigence de qualité des services publics et une contrainte budgétaire durable 

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel.
Le vice-président du Conseil d'État, Marc Guillaume

Quatre chantiers incontournables pour répondre aux défis d’ici 2035 et trois modèles décryptés pour donner un cap à horizon 2050

La revue propose ensuite des pistes de réflexion pour répondre à ces grands défis autour de quatre chantiers jugés incontournables d’ici 2035, puis en décryptant trois modèles d’évolution possibles présents dans le débat public.

Pour répondre aux grands défis auxquels les services publics sont confrontés, la revue détaille quatre exigences qui s’imposeront à la fonction publique, quel que soit le modèle de transformation retenu : 

Attirer et fidéliser les compétences nécessaires pour assurer la continuité du service public

Protéger les agents et les principes qui fondent leur action pour maintenir leur engagement

Se préparer à l’évolution des métiers et développer les compétences tout au long des carrières pour garantir leur efficacité

Associer les agents publics et leurs représentants pour favoriser l’acceptabilité du changement

Ensuite, la DGAFP décrypte trois « modèles » présents dans le débat public, pour éclairer l’avenir possible de la fonction publique à un horizon de 2050. Le premier l’aligne sur le droit du travail, le deuxième renforce ses spécificités et son unité, autour d’un cadre statutaire et de filières professionnelles communes aux trois versants. Le troisième conserve l’architecture actuelle, mais organise plus clairement la dualité entre le statut et le contrat.

La revue stratégique de la fonction publique est voulue comme une contribution au débat public.

Pour Boris Melmoux-Eude, DGAFP, « notre rôle n’est évidemment pas de dire lequel de ces modèles nous préférons. Le choix appartient aux représentants de la Nation. Notre rôle est d’expliquer ce que chacun implique, y compris lorsque ses conséquences sont moins simples que ne le laisse penser sa présentation dans le débat public. »

Quoi qu’il arrive, les Français et leurs représentants doivent savoir que la fonction publique est et restera à leur service. Quoi qu’il arrive et en toutes circonstances, elle le restera.

Télécharger le discours de clôture de Boris Melmoux-Eude, directeur général de l’administration et de la fonction publique

Revoir l’événement de restitution des travaux 
 

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