Revivez les tables rondes du colloque : "Mieux travailler dans la fonction publique. Quelles solutions pour relever le défi ?"

Actualité | Publiée le 13 avril 2026 | Mise à jour le 04 mai 2026

Colloque Mieux travailler dans la fonction publique : quelles solutions pour relever le défi ?

La direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP) a organisé ce colloque au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) le 31 mars 2026.

Cet événement visait à promouvoir une fonction publique exemplaire, à valoriser des initiatives concrètes contribuant à l’amélioration des conditions de travail dans les administrations et à dessiner des pistes d’évolution,  grâce à la mobilisation de plus de 20 intervenants : des prises de paroles de décideurs publics des trois versants et de représentants syndicaux,  des témoignages d’agents directement concernés par ces démarches innovantes ainsi que des mises en perspectives de chercheurs. 

La fonction publique est directement concernée par les mutations du monde du travail. En employant 5,8 millions de Françaises et de Français, les administrations publiques font face à une attention croissante aux conditions de travail, au sens au travail, à la transformation de la culture managériale au sein des organisations. 

Alors que la fonction publique est pleinement associée à la conférence sociale « Travail, Emploi, Retraites » souhaitée par le Premier ministre, la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) souhaite engager une phase de mobilisation des employeurs publics en faveur du « mieux travailler » qui tienne compte des spécificités du service public. Cette dynamique vise à renforcer durablement la performance des services publics, leur attractivité, leur continuité et leur capacité d’adaptation, en plaçant les conditions de travail des agents au cœur des transformations.

Durant cette matinée, organisée sous le parrainage de David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, quatre tables rondes se sont succédées : 

Table ronde 1 – Mieux travailler : une nécessité d’agir pour les employeurs publics. État des lieux des forces et faiblesses des organisations publiques françaises et mise en perspective des coûts du « mauvais management » avec Laurent Cappelletti (Cnam), Frédéric Laloue (IGAS), Matthieu Lhommedé (Ville de Montreuil).

Table ronde 2 – Conditions de travail et négociation collective : un horizon inatteignable ?
Retours d’expérience et échanges sur les leviers et obstacles de la négociation collective dans la fonction publique avec Carine Chevrier (ministère de la Justice), Florence Wiener (Caisse des Dépôts), Laure Revel (CFDT Fonctions publiques),
Marianne Salvetat-Bernard (Réalités du dialogue social).

Table ronde 3 – Le dialogue professionnel comme démarche locale d’amélioration continue des conditions de travail : un défi managérial ?
Focus sur les espaces de discussion sur le travail mis en place à l’APHP avec Jean-Damien Ricard et Edwige Touré (APHP), Jean-Yves Bonnefond (Dialogue sur la qualité du travail).

Table ronde 4 – IA, transformation des métiers publics et performance des services publics. Échanges sur les impacts de l’intelligence artificielle sur les métiers publics et les conditions de réussite des projets d’IA dans les organisations avec Amélie Verdier et Sarah Vigneau (DGFIP), Philippe Trimborn (Orange), Aurélien Fenard (France travail), Yann Ferguson (LaborIA).
Cet évènement clôturé par Boris Melmoux-Eude, directeur général de la DGAFP a rassemblé plus de 600 participants dans l’amphithéâtre Abbé Grégoire du CNAM et sur la chaîne YouTube de la DGAFP.

La rediffusion du colloque :

Avertissement :

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La restitution graphique du colloque

Introduction

Introduction

Introduction

Introduction — Mieux travailler, ça veut dire quoi ?

Selon Philippe Charpentier, chef du service Politiques sociales, salariales et parcours de carrière DGAFP, il n’y a pas de qualité de vie au travail sans bonne qualité du travail. 

Mieux travailler est un des objectifs de la revue stratégique de la DGAFP à horizon 2050.

Plusieurs notions sont mises en avant pour incarner le « mieux travailler » :

  • Responsabilité
  • Management juste
  • Sens
  • Dialogue
  • Reconnaissance
  • Santé et protection des agents publics
  • Valeurs du service public
  • Engagement
  • Efficacité et performance 

Table ronde 1

Table ronde 1

Table ronde 1

Mieux travailler : une nécessité d’agir pour les employeurs de la fonction publique.

Une table ronde animée par Mathilde ICARD réunissant plusieurs intervenants : Laurent CAPPELLETTI (professeur de comptabilité au CNAM), Frédéric LALOUE (inspecteur général à l’IGAS), Matthieu LHOMMEDE (DRH de la ville de Montreuil).

Un baromètre social testé sur 5 000 agents de la Fonction publique révèle : fierté d’appartenir au service public, engagement, climat de travail satisfaisant mais en dégradation ainsi qu’un manque de reconnaissance notamment en matière de rémunération.

Les « coûts cachés » d’un mauvais management sont estimés à 20 000 € par personne et par an (défaut de qualité, absentéisme, rotation, accidents, manque de productivité). 

Mieux travailler, c’est :

  • assurer la santé et la sécurité des agents (plan de prévention, registres et normes) ;
  • entretenir un dialogue permanent sur les questions de conditions et d’organisation du travail, de gestion du temps, de communication, de formation et de valeurs ;
  • passer à un management plus humain, en rupture avec le management à la française. Selon une étude européenne, un bon management répond à cinq principes universels : participation des agents, reconnaissance, autonomie, coopération, écoute.

Les solutions envisagées pour permettre de mieux travailler sont de former, d’outiller les encadrants et de parler du travail.

Table ronde 2

Table ronde 2

Table ronde 2

Conditions de travail et négociation collective dans la fonction publique : un horizon inatteignable ?

Une table ronde animée par Christine JEANNIN réunissant plusieurs intervenants : Carine CHEVRIER (ministère de la Justice), Florence WIENER (Caisse des Dépôts), Laure REVEL (CFDT Fonctions publiques), Marianne SALVETAT-BERNARD (association Réalités du dialogue social) 

Un accord sur les conditions de travail est possible, en témoigne l’accord QVCT du ministère de la Justice 2025-2030, obtenu après une longue négociation initiée dès 2023. Applicable à tous et piloté par un comité stratégique, cet accord couvre 4 axes :

  • Prévention des risques professionnels
  • Implantation collective de la QVCT
  • RH du quotidien
  • Environnement de travail

Les leviers d’une négociation collective réussie sont un diagnostic partagé, le choix de privilégier certaines thématiques (prévention des risques psychosociaux, espaces de dialogue, travail réel), une documentation, la formation des cadres et un arbitrage clair.

Les freins rendant la négociation collective difficile sont le manque de culture de négociation, l’absence de consultation des agents (70% des agents ne sont pas consultés en amont), l’absence d’accompagnement (59% des agents ne sont pas accompagnés au changement).

Table ronde 3

Table ronde 3

Table ronde 3

Le dialogue professionnel comme démarche d’amélioration continue des conditions de travail

Une table ronde animée par Lucie LACALMONTIE, réunissant plusieurs intervenants Jean-Yves BONNEFOND (psychologue et chercheur au CNAM), le Pr Jean-Damien RICARD (AP Hôpitaux de Paris) Edwige TOURÉ (hôpital Louis MOURIER).

Les conditions d’un dialogue professionnel opérant sont : 

  • une posture managériale à l’écoute ;
  • des sujets décidés par les participants ;
  • un suivi des actions régulier ;
  • des décisions coconstruites acceptées par tous ;
  • une identification et des remontées de problématiques transversales (tous les problèmes ne sont pas réglables par le manager) ;
  • un nécessaire portage institutionnel en coordination avec le dialogue social ;
  • un dialogue horizontal et vertical.

Les espaces de dialogue sur le travail ont été déployés à l’APHP après le COVID. Ils sont organisés deux fois par mois. Les principaux bénéfices de cette démarche sont :

  • moins de tensions ;
  • meilleure proximité manager/équipe ;
  • émergence d’idées, créativité ;
  • attractivité renforcée ;
  • amélioration de la qualité du travail ;
  • régulation travail prescrit/travail réel.

Table ronde 4

Table ronde 4

Table ronde 4

IA, transformation des métiers publics, place des agents et performance des services publics

L’IA au cœur d’un triple dialogue : technique, professionnel et social

Une table ronde animée par Faustine BENTABERRY, réunissant plusieurs intervenants : Amelie VERDIER (directrice générale des Finances Publiques), Sarah VIGNEAU (Cité administrative d’Etat, Lyon), Aurélien FENARD (data RH chez France Travail), Yann FERGUSON (directeur scientifique du laborIA), Philippe TRIMBORN (chargé de mission IA-RH chez Orange).

En 2024, la DGAFP a produit un guide stratégique d’usage de l’IA (cadre, gouvernance, formation).

La DGFIP (95 000 agents) pratique l’IA depuis 10 ans : elle est passée de l’IA prédictive à l’IA générative. Elle utilise l’IA pour le contrôle fiscal (repérage des incohérences des données fiscales), pour le contrôle foncier, pour la recherche par mot-clé, pour le contrôle de la dépense, pour le traitement des amendements, pour les réponses aux usagers en langage clair via un assistant IA. Par exemple, l’assistant IA a permis à Sarah de prendre conscience de l’impact de la façon de s’adresser aux usagers, d’éviter le recours à certains termes comme « dégrèvement », et ainsi d’améliorer la qualité du service rendu et de son travail. LA DGFIP reste attentive au sentiment de taylorisation du travail et de déshumanisation des agents.

L’IA pose de nouvelles questions éthiques (acceptabilité et pertinence du recours à l’IA) que les DRH doivent s’approprier. France Travail et Orange ont mis en place des chartes éthiques pour réguler les usages, assurer la conformité juridique, prévoir la gouvernance (comme les conseils d’éthiques composés d’experts, de sages et de juristes qui produisent des recommandations et qui peuvent être déclinés en autant de comités locaux que nécessaire). La construction de ces chartes éthiques demande un investissement long mais produit de la confiance, de la transparence, un accompagnement et prévient les risques.

Le Labor IA s’interroge sur l’utilisation du temps gagné grâce à l’utilisation de l’IA : comment peut-il être redéployé au service de plus de sens au travail et pour le sens du service public ?