Accès et carrières des générations issues de l'immigration dans la fonction publique : une étude exploratoire des concours 2008 aux Instituts régionaux d'administration (IRA)

Études et Statistiques

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La fonction publique a longtemps fonctionné comme un levier de promotion sociale pour les éléments instruits des classes populaires.

Mais cette fonction semble s’être altérée corrélativement au ralentissement de la mobilité sociale, avec des phénomènes de reproduction sociale des fonctionnaires « de père en fils », s’accompagnant de difficultés à l’entrée pour les immigrés et leurs descendants.

Une enquête exploratoire auprès des candidats aux concours des Instituts régionaux d’administration (Ira) 2008 fournit des éléments plus précis : aux concours externe et interne, le décrochage des immigrés et des descendants d’immigrés maghrébins et africains se produit essentiellement lors des épreuves écrites. Alors que 36 % des personnes sans ascendance immigrée sont admissibles à l’oral du concours externe, ce chiffre tombe à 31 % pour les descendants d’immigrés européens, 20 % pour les descendants d’immigrés africains et maghrébins et 16 % pour les immigrés.

Cette moindre performance s’expliquerait par des différences structurelles de parcours d’éducation (moindre suivi des préparations aux concours, présence plus faible dans les filières supérieures d’excellence), avec un handicap plus spécifique dans la composition de culture générale, handicap que l’on ne retrouve pas dans les épreuves techniques.

L’épreuve orale semble être moins défavorable aux candidats issus de l’immigration.

Au final, les taux d’admission externes s’étagent de 13 % pour les personnes issues de « natifs » à 6 % pour les immigrés.

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