« J’ai un sentiment d’accomplissement et d’utilité, en cohérence avec mes valeurs, mais j’ai aussi développé des compétences utiles à la prise de mon nouveau poste »
Actualité | Publiée le 23 avril 2026 | Mise à jour le 28 avril 2026
Depuis octobre 2025, Clotaire, agent de la Ville de Paris, fait partie de l’expérimentation du mécénat de compétences dans la fonction publique. Il assiste la responsable de la Cité audacieuse, une structure qui accueille des associations de défense des droits des femmes, sur des missions de gestion administrative et de sécurité.
Pouvez-vous présenter votre parcours et votre mission à la Ville de Paris ?
J’ai passé plusieurs concours de la fonction publique territoriale : adjoint administratif, puis rédacteur, et enfin un examen professionnel de rédacteur principal deuxième classe.
Je suis arrivé à la Ville de Paris en 2020 en tant que secrétaire administratif, d’abord à la Direction des solidarités, dans la cellule d’évaluation des mineurs non accompagnés (CEMNA). J’étais le correspondant entre les différents acteurs, de la phase d’évaluation et de mise à l’abri des jeunes jusqu’à leur orientation vers leur département d’accueil. Nous supervisions le travail de notre partenaire France terre d’asile qui réalisait l’évaluation des mineurs et leur mise à l’abri. Concrètement, on contrôlait qu’ils étaient évalués dans les temps, que leur mise à l’abri était adaptée. Nous travaillions également avec le Parquet de Paris qui nous indiquait le département qui assurerait l’accompagnement du jeune, avec lequel nous prenions attache pour programmer son orientation.
En 2023, j’ai rejoint mon poste actuel à la Direction des affaires scolaires, où je suis coordinateur des Vacances Arc-en-Ciel. Il s’agit d’un dispositif proposé par la Ville de Paris pour permettre à des enfants parisiens de bénéficier de vacances à coût raisonnable.
Je change prochainement de poste pour retourner à la Direction des solidarités en tant que responsable accueil-hébergement d’un CHRS (centre d’hébergement et de réinsertion sociale) qui accueille des familles monoparentales. Concrètement, je vais organiser et suivre la gestion de l’hébergement dans ses aspects techniques (maintenance, sécurité des agents, des familles et des biens) et administratifs (organisation des admissions, états des lieux et protocoles d’accueil), ainsi qu’accompagner la réflexion autour de l’amélioration du lieu de vie, grâce à une équipe que j’encadrerai.
Comment avez-vous découvert le mécénat de compétences ?
Nous avons reçu les fiches de poste des associations de cette phase test par le service des ressources humaines. Après en avoir discuté avec ma responsable, nous avons convenu d’un rythme d’une demi-journée par semaine, ce qui m’a guidé dans le choix de la Fondation des Femmes, association qui correspond de plus à mes valeurs. Depuis octobre 2025, je suis assistant de la responsable de la Cité audacieuse, une ancienne école qui accueille aujourd’hui des associations en faveur des droits des femmes. Je l’accompagne dans la rédaction des contrats et dans la conformité de la sécurité du bâtiment.
Quelles étaient vos motivations ?
J’avais trois motivations principales :
- soutenir la Ville de Paris dans cette démarche test ;
- les missions des fiches de poste, comme la comptabilité que j’ai exercée dans mon parcours et que je pouvais mettre à profit de causes justes ;
- la défense des droits des femmes, un sujet qui me parle et s’aligne avec mes valeurs.
Quelles compétences professionnelles avez-vous mobilisées ?
La gestion administrative et les questions de sécurité. Par exemple, la Fondation des Femmes et la Ville de Paris ont un bail pour l’accès à la Cité audacieuse qui se termine fin 2026. Dans ce cadre, il faut préparer un dossier recensant les objectifs, les actions et les résultats afin que la nouvelle mandature puisse se positionner sur la prolongation du bail en toute transparence.
Comment s’est passée votre intégration dans la structure d’accueil ?
Le premier jour, je me suis entretenu avec la responsable afin de lister et comprendre concrètement les missions, au-delà de la fiche de poste. J’ai ensuite pris le temps d’accéder au réseau, consulter les documents utiles, prendre connaissance du statut de la Fondation, de son environnement… Je travaille très étroitement avec Julie, la responsable, mais un peu moins avec les autres collègues. Pourtant, j’ai l’occasion de les côtoyer lors du déjeuner, ou lors d’événements comme le concert « Nos voix pour toutes », lors duquel je me suis porté bénévole, ce qui fut une opportunité de travailler avec tout le monde.
Que vous a apporté cette expérience, professionnellement et personnellement ?
Personnellement, j’ai un sentiment d’accomplissement et d’utilité, qui est en cohérence avec mes valeurs.
Professionnellement, cette expérience m’a permis de découvrir d’autres organisations, d’apprendre la gestion de renouvellement de bail, un atout pour la prise de mon nouveau poste dont les missions entrent en résonance.
Avez-vous rencontré des défis ?
Le temps et la régularité passés en association constituent une difficulté. Par exemple, nous faisons un audit pour sécuriser les usagers dans le bâtiment et certaines entreprises ne pouvaient pas venir sur mes périodes de présence, ce qui m’a contraint de suivre le projet à travers les comptes-rendus de ma responsable.
Un autre défi concerne la continuité de mon mécénat de compétences, car je change de poste au sein de la Ville, ce qui n’avait pas forcément été prévu par les ressources humaines puisque c’est une année d’expérimentation. Qui dit nouveau poste, dit nouvelle responsable et organisation. Heureusement, j’ai pu poursuivre le mécénat de compétences, en accord avec ma future cheffe, notamment grâce à la résonance des missions avec mon poste. En effet, je vais accueillir des familles monoparentales, qui sont souvent des femmes, donc travailler dans une association pour la défense des droits des femmes fut un vrai atout pour convaincre ma hiérarchie.
Évidemment, il y a une part d’appréhension dans cette expérience, mais l’avantage, c’est que la convention faite par la Ville permet d’arrêter le mécénat avant la fin si ça ne se passe pas bien, si on n’arrive pas à allier travail et mécénat. Il y a une protection du fonctionnaire mais également de la structure associative, pour ne mettre personne en difficulté.
En une phrase, que représente pour vous le mécénat de compétences ?
C’est la mise à disposition de compétences professionnelles au profit d’un partenaire de la Ville de Paris.
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