« Je me réapproprie en mécénat de compétences une expertise juridique sur les marchés que je ne suis pas toujours en mesure de développer dans le cadre de mes fonctions à la Ville de Paris »
Actualité | Publiée le 24 avril 2026 | Mise à jour le 28 avril 2026
Anne Tcheriatchoukine, agente à la Direction de l’information et de la communication (Dicom) de la Ville de Paris, est engagée dans le dispositif du mécénat de compétences depuis son lancement au sein de la Fondation des femmes.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous engager ?
J’ai souhaité soutenir une initiative innovante de la DRH. Monter de tels projets est complexe, et l’implication des agents me semble indispensable pour permettre la mise en œuvre concrète de ces innovations. L’innovation est selon moi d’un intérêt majeur pour faire évoluer la Ville de Paris.
D’autre part, en qualité d’agente publique, il m’a semblé pertinent de participer à un mécénat de compétences auprès d’associations sélectionnées par la Ville en raison de leur engagement dans des politiques d’intérêt général.
J’avais également envie d’apporter un nouveau souffle à mes fonctions, en y insérant une activité compatible avec mes missions quotidiennes mais dans un cadre différent.
Enfin, la thématique de la défense des femmes me touchait à titre personnel.
Comment se déroule concrètement votre mission aujourd’hui et quelles compétences mobilisez-vous le plus ?
J’ai une référente au sein de la Fondation des Femmes, la directrice des relations publiques et des affaires juridiques, avec qui nous avons défini ensemble les missions dès mon arrivée. Nous avons fait le choix d’une mission de fond, compatible avec le rythme du mécénat de compétences, plutôt que de dossiers ponctuels urgents.
Je me rends deux vendredis par mois au siège de la Fondation. Je travaille en open-space, sur mon ordinateur personnel, aux côtés de ma référente, d’autres mécènes de compétences et de stagiaires. L’ambiance est conviviale et les temps informels, comme les déjeuners partagés, participent pleinement à l’intégration au sein de l’équipe.
Concrètement, je travaille de manière autonome sur la mise en place d’un cadre de sélection des prestataires de la Fondation des Femmes. Je mobilise principalement mes compétences juridiques et en marchés publics : qualification du statut de la Fondation au regard de la commande publique, définition d’un process de sélection proportionné et traçable, et élaboration d’un circuit de validation adapté aux enjeux et aux montants des achats.
Qu’est-ce que cette expérience vous apporte, professionnellement et humainement ?
À la Ville de Paris, l’essentiel de ma fonction de cheffe de bureau relève du management. L’expérience à la Fondation des Femmes, très différente de mon activité, constitue ainsi une réelle respiration dans mon activité à la Ville.
Je me réapproprie également en mécénat de compétences une expertise juridique sur les marchés publics que je ne suis pas toujours en mesure de développer dans le cadre de mes fonctions à la Ville.
À la Fondation, je ne dispose pas de pouvoir d’action ni de décision autonome, et cela m’oblige à évaluer comment procéder pour faire valoir mes propositions : solliciter des points dossiers réguliers auprès de personnes débordées, argumenter pour faire valoir mon point de vue par exemple.
Humainement, je suis ravie de travailler dans le cadre très plaisant de la Fondation des Femmes, et auprès d’une équipe très sympathique. Cette expérience me donne une énergie nouvelle et m’a fait faire de belles rencontres. En outre, œuvrer pour la Fondation qui défend une cause qui me touche personnellement, donne un sens à mon action.
Quel regard portez-vous sur ce dispositif après plusieurs mois d’engagement, et que diriez-vous à un(e) collègue qui hésiterait à se lancer ?
Mon regard est très positif, que ce soit vis-à-vis de la DRH, qui a mis en place cette expérimentation et nous accompagne véritablement dans le cadre du dispositif, et de la Fondation des Femmes qui m’a accueillie de manière ouverte et très gentiment. Je suis vraiment ravie de pouvoir me plonger dans le domaine juridique et marchés car cela me nourrit et réactive mes compétences en la matière.
Je dirais à ce ou cette collègue que c’est une formidable expérience, très enrichissante et qui « fait du bien ». Que vivre pleinement cette expérience requiert aussi quelques précautions, parmi lesquelles : préparer en amont l’intégration du mécénat de compétences dans son activité à la Ville, embarquer sa hiérarchie et son équipe en leur faisant remonter les atouts pour eux de son expérience ; enfin, bien stabiliser avec l’association d’accueil le positionnement du mécène, qui n’est pas un bénévole, mais un agent de la Ville mis à disposition dans une relation « gagnant-gagnant ».
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