« Le mécénat de compétences à la Fondation des Femmes m’a permis renouer avec les droits des femmes et la lutte contre les violences intrafamiliales, sur lesquels je travaillais au ministère de la Justice »
Actualité | Publiée le 24 avril 2026 | Mise à jour le 28 avril 2026
Une agente à la Direction des ressources humaines de la Ville de Paris s’engage dans le cadre du mécénat de compétences. Elle accompagne la Fondation des Femmes sur les questions de RGPD, la transition numérique, la sécurité informatique et la formation.
Pouvez-vous présenter votre parcours et votre mission au sein de la Ville de Paris ?
J’ai commencé ma carrière dans la fonction publique de l’État, aux ministères de l’Éducation nationale, des Armées puis de la Justice. J’ai ensuite intégré la fonction publique territoriale en rejoignant la Ville de Paris à l’été 2024. Je travaille à la Direction des ressources humaines, dans la transition digitale en tant que cheffe de projet maîtrise d’ouvrage, précisément sur les questions de qualité de vie au travail. J’ai entendu parler du mécénat de compétences au sein de mon service, et y ai participé à compter d’octobre 2025.
Quelles étaient vos motivations ?
M'investir dans le milieu associatif. J'avais déjà eu l'occasion de réaliser des missions avec la Fabrique de la Solidarité, ce qui me convenait parfaitement, ne pouvant pas donner de mon temps toutes les semaines à une association. Le mécénat ayant lieu durant le temps de travail, la question de ma disponibilité était, de fait, réglée. Lorsque j'ai vu que la Fondation des Femmes figurait dans les associations, il était évident que je devais postuler, souhaitant renouer avec les droits des femmes et la lutte contre les violences intrafamiliales, sujets sur lesquels j'avais travaillé au ministère de la Justice.
Quelles sont vos missions ?
J’ai été recrutée par le pôle ressources, sur les questions de RGPD, la transition numérique, la sécurité informatique et la formation. Je travaille notamment sur le passage de Google à Microsoft. Pour rejoindre le dispositif, j’ai renseigné auprès des référentes de la Ville de Paris mes motivations, mes compétences, ma formation, un résumé de mes savoir-être et savoir-faire, mes envies, et sur quelle fiche de poste. Ces éléments ont ensuite été communiqués à l’association qui m’a reçue en entretien, pour en savoir plus sur mon parcours et que je me projette dans l’association.
Quelles compétences professionnelles avez-vous mobilisées ?
Principalement, mes connaissances en conduite de projet et le travail en intelligence collective concernant des sujets comme le RGPD, la transition numérique et la sécurité informatique ou encore la formation. Pour ce qui relève du savoir-être, je dirais qu'il faut être polyvalent, autonome, force de proposition et avoir de la ressource.
Comment s’est passée votre intégration ?
Le premier jour, une personne m’a accueillie pour me présenter l’association et les lieux, avant un temps d’échange concernant la fiche de poste pour valider qu’elle était conforme à mes attentes, et l’ajuster si nécessaire. J’ai une personne référente à qui je peux m’adresser en cas de besoin, que ce soit au sein de l'association ou au sein de la DRH de la Ville de Paris.
Quels défis avez-vous rencontrés ?
Exercer le mécénat deux jours par mois peut interroger sur la capacité à suivre et finaliser les sujets. J’ai réussi ce défi grâce au mode « projet », notamment sur le sujet de RGPD que je peux suivre d’une semaine à l’autre, avec des rétroplannings. Il est bien évidemment nécessaire de prévoir des temps d'échanges réguliers avec l'association.
Un autre défi concerne l’adaptation aux ressources allouées aux associations. Par exemple, l’ensemble des salariés n’est pas aussi bien équipé en informatique que dans la fonction publique.
Quels conseils donneriez-vous aux agents qui souhaitent se lancer dans le mécénat de compétences ?
C’est un choix très personnel, il faut prendre le temps d’analyser la fiche de poste, être raccord avec l’association sur ses missions. Il y a un risque de déception si l’expérience est différente de ce qui a été vendu. Le milieu associatif n’est pas adapté à tous, il faut pouvoir sortir de sa zone de confort, car il est beaucoup moins bien loti que celui de la fonction publique. Mais nous avons la possibilité d’arrêter la mission à tout moment, tout comme l’association, si l’agent ne s’intègre pas bien ou si les compétences sont manquantes. Nous pouvons renouveler le contrat au bout d’un an.
Quelles compétences avez-vous développées ?
Je n’ai pas vraiment développé de nouvelles compétences mais de nouvelles connaissances et savoir-être, comme mon adaptabilité à un environnement différent.
En une phrase, que représente pour vous le mécénat de compétences ?
La chance de pouvoir me rendre utile chaque semaine, une demi-journée, dans une association qui lutte pour les droits des femmes et contre les violences intrafamiliales durant mon temps de travail.
Léa pilote le mécénat de compétences au sein de la Ville de Paris
Léa Hoyez-Bourquin est cheffe de projet innovation RH et pilote l'expérimentation du mécénat de compétences à la Ville de Paris.
Etienne a expérimenté le mécénat de compétences à Emmaüs Connect
Étienne Delaunay est architecte de métier et accompagne les personnes en situation de précarité sociale et numérique au sein de l’association Emmaüs Connect.
Anne a expérimenté le mécénat de compétences à la Fondation des Femmes
Anne Tcheriatchoukine, agente à la Direction de l’information et de la communication (Dicom) de la Ville de Paris, accompagne la Fondation des femmes sur des missions juridiques et de marchés publics.
Le mécénat de compétences dans la fonction publique
Grâce à ce dispositif, un fonctionnaire peut mettre ses compétences à disposition d’organismes d’intérêt général, une occasion d’enrichir son parcours tout en servant des causes justes.