« L’immense majorité des parties prenantes est très satisfaite du dispositif, que ce soient les agents, qui redonnent du sens à leur métier, les managers ou les associations »
Actualité | Publiée le 28 avril 2026 | Mise à jour le 28 avril 2026
Léa Hoyez-Bourquin est cheffe de projet innovation RH et pilote l'expérimentation du mécénat de compétences à la Ville de Paris.
Pouvez-vous revenir sur la mise en place du mécénat de compétences au sein de la Ville de Paris ?
Le service central des ressources humaines de la Ville de Paris a décidé de limiter l’expérimentation à 30 personnes. 16 agents ont candidaté et aujourd’hui, 14 exercent le mécénat de compétences. Les profils sont variés (catégories A, B, C) : des cadres, des juristes, des profils techniques… L’expérimentation limite pour l’instant la mise à disposition de l’agent à deux jours par mois.
Nous avons d’abord lancé un appel à manifestation d'intérêt auprès des agents pour recueillir leurs envies, leurs centres d’intérêt. La précarité est remontée comme principal sujet, autour de l’alimentaire, du numérique et de l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est ainsi que nous avons décidé de travailler avec les Restos du cœur, Emmaüs Connect et la Fondation des Femmes, des associations qui pratiquaient déjà du mécénat de compétences avec le secteur privé. Cette mesure intervient dans une volonté de consolider le soutien de la Ville aux associations.
Comment évaluez-vous cette expérimentation ?
Les RH ont commencé à construire un cadre d’évaluation pour argumenter de l’intérêt du dispositif auprès des chefs des directions. L’immense majorité des parties prenantes est très satisfaite, que ce soient les agents, qui redonnent du sens à leur métier, les managers ou les associations.
Faites-vous face à des défis ?
Plusieurs fois, nous avons eu à recalibrer les fiches missions pour mettre à disposition des associations plusieurs agents sur un même poste, afin d’assurer une continuité dans la réalisation des missions, et ainsi pallier à la difficulté que peut représenter le rythme de deux jours par mois. Parfois, les missions d’un agent ont aussi été réajustées pour mieux convenir à ses compétences professionnelles.
Pour tous les porteurs de projet, il faut donc savoir que les réajustements peuvent et vont arriver, que cela fait partie du processus et que c'est gérable.
Quelles sont les prochaines étapes de l’expérimentation ?
Nous préparons la deuxième campagne de mécénat de compétences, que nous avons baptisé "Talents solidaires" avec notre service de communication. Nous espérons la lancer à l'automne avec de nouvelles associations et de nouveaux agents mis à disposition, tout en renouvelant l'engagement de celles et ceux de la première campagne qui le souhaiteront.
Nous sommes en train de construire un réseau d'échange de bonnes pratiques avec d'autres collectivités, déjà engagées dans le mécénat de compétences ou qui souhaitent se lancer. La Ville de Paris co-pilotera ce réseau avec Bordeaux Métropole, qui est précurseur sur ce dispositif dans la fonction publique territoriale.
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